Un autre mythe climatosceptique – celui-ci étant l’un des favoris d’ Anthony Watts et de son blog « Watts Up With That » – vient de s’effondrer.
Depuis des années, de nombreux sceptiques cherchent à discréditer des décennies de recherches sur le climat en montrant des diapositives de thermomètres de stations météorologiques installés à côté de bouches de chauffage ou entourés d'asphalte.
Ce fameux « effet d'îlot de chaleur urbain » était censé détrôner tous ces graphiques et équations complexes sur lesquels les scientifiques s'obstinaient. Sauf que c'est faux.
Un article récent, évalué par des pairs et publié dans le Journal of Geophysical Research, a analysé les données de 114 stations météorologiques réparties à travers les États-Unis au cours des vingt dernières années et a comparé les mesures effectuées à partir d'emplacements bien situés et de ceux qui ne l'étaient pas.
Ils ont effectivement constaté une tendance générale, mais elle allait plutôt vers le refroidissement que vers le réchauffement.
Selon les auteurs,
« Ce biais est contre-intuitif par rapport à la documentation photographique d'une mauvaise exposition, car les modifications instrumentales associées ont entraîné un biais négatif artificiel (« froid ») des températures maximales et seulement un léger biais positif (« chaud ») des températures minimales. »
Oups.
Il s'agit de la dernière étude en date d'un ensemble croissant de travaux scientifiques qui ont examiné l'effet d'îlot de chaleur urbain avec une précision extrême et n'ont rien trouvé qui puisse remettre en cause le réchauffement inquiétant observé aux États-Unis au cours des dernières décennies.
Le GIEC a constaté que, dans les zones terrestres de l'hémisphère Nord où les îlots de chaleur urbains sont les plus marqués, les tendances des températures de la basse troposphère et de l'air en surface ne présentent pas de différences significatives. En réalité, les températures de la basse troposphère augmentent légèrement plus vite en Amérique du Nord (environ 0.28 °C par décennie, selon les données satellitaires) que les températures de surface (0.27 °C par décennie), bien que cette différence ne soit pas statistiquement significative.
Un autre article paru dans Climate Change en 2007 affirmait : « Les études qui ont examiné les échelles hémisphérique et mondiale concluent que toute tendance liée à l’urbanisation est d’un ordre de grandeur inférieur aux tendances décennales et à plus long terme évidentes dans la série (par exemple, Jones et al., 1990 ; Peterson et al., 1999)… Ainsi, la tendance mondiale au réchauffement des terres dont il est question est très peu susceptible d’être influencée de manière significative par l’urbanisation croissante (Parker, 2006). »
Bien que ce genre de prose scientifique dense ne soit pas aussi photogénique qu'une photo d'une station météorologique sur un parking, il n'en reste pas moins que la science a minutieusement écarté cette fausse piste.
Ce mythe est désormais officiellement démenti.
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