Selon l'un des plus grands érudits bouddhistes au monde, amener les gens à croire qu'ils peuvent réellement faire la différence dans la lutte pour sauver la planète de la folie humaine peut être tout aussi important que de les encourager à passer à l'action.
De passage à Vancouver pour une semaine d'enseignement et de conférences, le moine bouddhiste, poète, militant pour la paix et les droits de l'homme, Thich Nhat Hanh , s'est entretenu pendant une heure avec David Suzuki et le maire de Vancouver, Gregor Robertson, sur les mesures à prendre pour susciter le changement de comportement humain nécessaire afin de mettre le monde sur la voie d'une planète saine pour les générations futures.
Face à la question « Qu’est-ce qui vous donne l’espoir que nous puissions susciter l’éveil collectif nécessaire pour restaurer la santé de la planète ? », les trois personnes ont discuté d’une série de questions et d’idées axées sur des actions qui peuvent faire une réelle différence.
Leur conversation, partant du constat que l'on sait que les humains nuisent à la Terre, détruisent ses écosystèmes et perturbent le climat, s'est concentrée sur la voie à suivre pour un mode de vie plus durable.
Thich Nhat Hanh a mis en garde contre le danger de se laisser submerger par le sentiment que les défis sont insurmontables et, par conséquent, de rester passif. Il est essentiel que chacun sache qu'il peut faire la différence en gardant espoir et en puisant dans ses ressources intérieures.
Deux courts extraits de la conversation sont disponibles ici.
La conversation s'est articulée autour des questions suivantes :
1. J'aimerais connaître votre réaction à ce conseil économique donné aux entreprises américaines en 1930 par un banquier de Lehman Brothers, nommé Paul Mazer, au début de l'ère du consumérisme : « Il faut habituer les gens à désirer, à vouloir de nouvelles choses avant même que les anciennes n'aient été entièrement consommées… Les désirs de l'homme doivent éclipser ses besoins. »
2. Qu’est-ce qui vous donne l’espoir que nous puissions susciter la prise de conscience collective nécessaire pour restaurer la santé de la planète ? La plupart d’entre nous savons que nous nuisons à la Terre, détruisons ses écosystèmes et déréglons le climat. Pourtant, nous agissons comme si de rien n’était. Comment pouvons-nous induire le changement de comportement humain indispensable pour nous engager sur la voie d’une planète saine pour nos enfants et petits-enfants ?
3. Ces dernières décennies, les groupes pétroliers ont financé des campagnes de désinformation pour semer le doute sur la science du climat. Aujourd'hui, 45 % des Américains croient à tort qu'il existe un désaccord entre les climatologues quant à la réalité du réchauffement climatique, soit une augmentation de 12 % depuis 2008. Le nombre de climatologues niant le changement climatique est en réalité proche de zéro. Il semble si facile de tromper le public ! Pourquoi sommes-nous si naïfs ? Que pouvons-nous faire pour passer du déni des problèmes environnementaux à la protection responsable de l'environnement ?
4. Quelle est la responsabilité du gouvernement dans la résolution de ces problèmes ? Comment inciter le gouvernement à agir de manière appropriée ?
5. Les recherches en sciences sociales menées au Canada et aux États-Unis démontrent que la méfiance du public atteint des sommets. Les citoyens estiment que le gouvernement et les entreprises tiennent des propos contradictoires. Ils se méfient du gouvernement et des entreprises et s'interrogent les uns sur les autres. Ce phénomène est particulièrement marqué en matière d'environnement. Cette méfiance a engendré une sorte de paralysie sociale, les citoyens ayant le sentiment que leurs propres actions sont vaines. Comment surmonter cette méfiance ?
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