Un rapport d'Environnement Canada récemment publié dans Geophysical Research Letters confirme que l'inaction du Canada face aux changements climatiques entraînera vraisemblablement un réchauffement inévitable de 2 degrés Celsius d'ici 2100. Ce rapport, intitulé « Limites d'émissions de carbone requises pour respecter les trajectoires représentatives futures de concentration des gaz à effet de serre » , suggère que le Canada doit « immédiatement réduire ses émissions de carbone à zéro » pour éviter une hausse de 2 degrés Celsius de la température mondiale.
Ce sera quasiment impossible, car les dirigeants canadiens actuels n'ont toujours pas mis en place de politique climatique permettant de concrétiser un plan d'action aussi ambitieux. Le Vancouver Sun souligne certaines conséquences de l'inaction : « Laisser les températures augmenter de plus de 2 °C pourrait anéantir des milliers d'espèces, faire fondre la banquise arctique et provoquer une montée du niveau de la mer de plusieurs mètres. »
La plus récente étude d'Environnement Canada confirme que Stephen Harper et d'autres dirigeants n'ont pas respecté leurs engagements internationaux visant à éviter les graves perturbations climatiques qui résulteront d'une hausse des températures de 2 °C ou plus. Malheureusement, le gouvernement Harper demeure un maître en matière d'inaction climatique.
Étant donné que le Canada est l'un des principaux responsables de la pollution à l'origine du réchauffement climatique, il est presque risible que le gouvernement n'ait pas de politique climatique efficace. Le Parti conservateur s'est engagé, au niveau international, à prendre des mesures pour limiter le réchauffement climatique en dessous du seuil de 2 °C, mais il continue de promouvoir l'expansion de l'utilisation et des exportations de pétrole et de charbon canadiens.
Le changement climatique ne connaît pas de frontières politiques – peu importe où l’énergie polluante est brûlée, les émissions auront un impact négatif sur le climat mondial – le Canada ne se rend donc service à personne en se contentant d’expédier le pétrole et le charbon polluants ailleurs.
Le rapport souligne que les émissions de CO2 doivent « commencer à diminuer immédiatement et devenir négatives vers 2060, et le rester », afin d'éviter les pires conséquences des changements climatiques. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire quand le gouvernement canadien continue d'ignorer ses responsabilités envers les générations futures et préfère brandir une rhétorique politique creuse comme preuve d'action.
Comme l'a déclaré Andrew Weaver, climatologue à l'Université de Victoria, au Vancouver Sun : « Si nous voulons régler ce problème, nous devons commencer à transformer nos systèmes énergétiques dès maintenant. Pas hier, pas demain, maintenant. Cela signifie que nous devons nous sevrer progressivement de notre dépendance au pétrole, et non pas essayer de l'accroître le plus rapidement possible. »
Sous l'administration Harper, le plan d'action climatique du Canada s'est jusqu'à présent résumé à une campagne de relations publiques trompeuse et à des promesses vaines, sans véritable stratégie de réduction des émissions. Il est impératif que cela change immédiatement, quel que soit le résultat des prochaines élections. Le Canada ne peut plus ignorer son rôle majeur dans ce problème ni se soustraire à sa responsabilité de montrer l'exemple au monde entier en matière de carboneutralité.
Alors que la santé et la qualité de vie des générations futures sont en jeu, sans parler de l'économie canadienne, nos dirigeants se doivent, envers le public, de cesser d'hésiter et de commencer immédiatement à réduire la pollution.
**Ces opinions sont les miennes, en tant que cofondatrice de DeSmogBlog, et ne reflètent en aucun cas celles de Hoggan & Associates.**
