Plus de 200 revues médicales ont déclaré, dans un communiqué mettant en garde contre les conséquences sanitaires inégales de la hausse des températures mondiales, que les pays développés doivent faire « beaucoup plus, beaucoup plus vite » dans leurs efforts pour lutter contre la crise climatique.
L’éditorial, publié aujourd’hui dans plus de 230 revues médicales, infirmières et de santé publique à travers le monde, exige une action internationale coordonnée pour limiter la hausse des températures mondiales, restaurer la biodiversité et protéger la santé.
Des auteurs issus de publications telles que le British Medical Journal (BMJ), le National Medical Journal of India et le Chinese Science Bulletin attirent l'attention sur les risques disproportionnés que le changement climatique fait peser sur les populations vulnérables et exigent que les pays les plus riches revoient à la hausse leurs objectifs actuels visant à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.
Cette déclaration intervient avant l'Assemblée générale des Nations Unies, qui débutera à la mi-septembre, l'une des dernières réunions mondiales avant le sommet sur le climat COP26 à Glasgow en novembre.
Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé et l'un des co-auteurs de l'éditorial, a averti que les risques posés par le changement climatique « pourraient éclipser ceux de n'importe quelle maladie prise individuellement ».
« La pandémie de COVID-19 prendra fin, mais il n’existe aucun vaccin contre la crise climatique », a-t-il déclaré dans un communiqué. « Le rapport du GIEC montre que chaque fraction de degré de réchauffement met en péril notre santé et notre avenir. De même, chaque mesure prise pour limiter les émissions et le réchauffement nous rapproche d’un avenir plus sain et plus sûr. »
« Aucune température n'est sûre »
L'éditorial souligne le fardeau supplémentaire que le changement climatique fait déjà peser sur la santé publique, en notant une augmentation de la mortalité liée à la chaleur, les conséquences sanitaires des phénomènes météorologiques destructeurs, la dégradation généralisée des écosystèmes et la malnutrition due à la baisse des rendements agricoles.
Les auteurs affirment qu'une refonte radicale de la société est nécessaire et soutiennent que les gouvernements devraient « transformer les sociétés et les économies » en contribuant à repenser les systèmes de transport, les villes, la production et la distribution alimentaire, les marchés et les investissements financiers.
Ils soulignent également l'importance d'une approche globale de la crise climatique, intégrant la biodiversité aux objectifs environnementaux. « Il est crucial de noter que la destruction de la nature n'est pas considérée à égalité avec la dimension climatique de cette crise, et que tous les objectifs mondiaux de restauration de la biodiversité d'ici 2020 n'ont pas été atteints », peut-on lire dans l'éditorial. « Il s'agit d'une crise environnementale globale. »
« Protégeons notre bien-être »
Le maintien du réchauffement climatique en dessous de 1.5 °C, comme le prévoit l'Accord de Paris, dépend du respect par les pays riches, dont les émissions historiques sont élevées, d'après le communiqué. Ce dernier appelle également les pays les plus riches à « réduire leurs émissions plus rapidement, en allant au-delà des réductions proposées pour 2030 et en atteignant les objectifs de réduction avant 2050 ».
Les pays développés devraient investir davantage dans l'aide aux pays à faible revenu pour atténuer les effets du changement climatique et s'y adapter, affirme l'éditorial, en honorant leurs engagements actuels de consacrer 100 milliards de dollars par an à ces objectifs. Un renforcement de l'adaptation contribuerait également à améliorer la résilience des systèmes de santé, ajoute-t-il.
« Le statu quo serait catastrophique pour la planète », avertissent les auteurs. « Les gouvernements doivent saisir cette occasion pour proposer des objectifs climatiques ambitieux, pour notre santé, celle des populations du monde entier et celle des générations futures. »
Le professeur Lukoye Atwoli, rédacteur en chef de l’East Africa Medical Journal, a déclaré que les pays à revenu faible et intermédiaire « supportent un fardeau disproportionné des effets néfastes, notamment sur la santé ».
« Nous appelons donc à des contributions équitables, afin que les pays les plus riches du monde fassent davantage pour compenser l'impact de leurs actions sur le climat, dès maintenant et pour l'avenir », a-t-il déclaré.
« Nos gouvernements doivent être tenus responsables des engagements qu’ils prennent pour limiter la hausse des températures à moins de 1.5 degré Celsius, et être contraints d’en faire davantage. L’année 2021 doit marquer un tournant dans notre quête pour restaurer la nature et protéger notre bien-être collectif. »
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